Le Président de la République en me nommant à ce poste a voulu donner une impulsion aux finances publiques et l’objectif principal est de donner un nouvel élan à la politique budgétaire tracée par le Président de la République dans un contexte particulier de réformes visant une croissance économique inclusive.

La jeunesse et la technicité de l’équipe sontcertes un atout de taille pour apporter un souffle d’énergie au département mais constitue également un défi à relever faceà l’ampleur du travail qui nous attend.

En effet, pour ancrer notre économie sur la voie d’une croissance économique durable et lutter efficacement contre la pauvreté, le Ministère du Budget a un rôle moteur à jouer et, pour ce faire, doit se doter de moyens à la hauteur des objectifs, ainsi que d’un cadre institutionnelapproprié. Il faut avoir présent à l’esprit que chacune de nos actions aura un impact sur la situation budgétaire, économique et socialede notre pays.

Vous devez donc savoir que la tâche qui nous incombe est rude et les challenges imposants mais ces objectifs ne peuvent être atteints et les obstacles surmontés qu’en nous astreignant à une ligne de conduite que nous considérons comme déterminante pour la réussite de notre mission.

LES AXES PRINCIPAUX

            De par sa position stratégique de pourvoyeur et de collecteur de ressources publiques, le Ministère du Budget se doit d’être un acteur central, incontesté et irréprochabledans le programme de réformes de l’Etat mais la réalisation de cet objectif ne peut se faire qu’aux prix de :

  1.  Un renforcement du cadre institutionnel de gestion,
  2. La rigueur et la transparence dans le mode de gestion,
  3.   L’appui au processus de décentralisation et le développement de la fiscalité locale,
  4.   Le renforcement du dialogue Public-Privé,
  5. L’obligationde rendre compte pour les responsables,
  6. Lapromotion d’une meilleure communication et circulation de l’information,

 

1. Renforcement du cadre institutionnel de  gestion

La Loi de 2014organisant le Ministère duBudgetprévoit une répartition des attributions et responsabilités de chacun. Certes, des évolutions peuvent apparaitre depuis mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui la priorité majeure est leur application et le renforcement de la coordination au sein du Ministère. Le respect des textes, à tous les échelons, devra être le leitmotiv de nos actions et de notre gestion.

Il revient au Secrétaire Général de me rendre compte directement des activités du Ministère et il sera chargé, à cet effet, d’organiser et de conduire régulièrement les réunions de coordination avec les directions. Je ferais du respect par les directions de cette organisation et de ces prérogatives ma priorité constante et le principal indicateur de performance.

Parallèlement, il est exigé des directions techniques des réunions internes pour un meilleur partage de l’information et une meilleure coordination, une mobilisation et une motivation plus accrue des cadres.

Comme toutes nos actions devront être précédées de mures réflexions et que le ministère du Budget ne devra pas se cantonner à une simple fonction d’exécutant de la gestion budgétaire quotidienne, il est impératif que notre département se dote en priorité d’instances de réflexions et valorise les ressources et expertises qui y seront affectées.

C’est pourquoi ces missions de réflexion et de conception seront renforcées à travers les Conseillers du cabinet selon leurs profils et des structures ad hoc (Cellule d’analyse et de réflexion, comités thématiques)alimentées par les données et informations fournies par les directions et leurs services chargés des études. La réussite des reformes est à ce prix.

2. La rigueur et la transparence dans le mode de gestion

Le premier signe de la rigueur professionnelle se manifeste par l’assiduité et la ponctualité aux heures de service. Il est inacceptable, au regard des objectifs fixés et des nécessités de service public, que l’absentéisme et les retards à tous les niveaux de responsabilité puissent continuer à entraver le fonctionnement normal des directions.

Toutes les actions dissuasives et punitives seront prises pour décourager ces comportements anti-professionnels et portant préjudice à tous les usagers de l’administration, et de facto au développement économique de notre pays.

La rigueur c’est également préserver le secret professionnel et il est donc exigé des responsables du Ministère une plus grande prise de conscience sur le respect des obligations première du fonctionnaire : la confidentialité.

Enfin, la rigueur dans la gestion des deniers publics exige que les priorités soienthiérarchisées en tenant compte des disponibilités et des contraintes budgétaires et de trésorerie, dans le strict respect de la Feuille de Route politique du Président de la République. C’est dans cette optique que le plan de trésorerie continuera à être l’outil privilégié de gestion des finances publiques, tout comme le Cadre des Dépenses à Moyen Terme (CDMT) pour mieux planifier les dépenses publiques.

3. L’appui au processus de décentralisation

Après avoir procédé aux transferts d’impôts et taxes et à la détermination de l’assiette fiscale de certains impôts, le ministère du Budget a ouvert dans les cinq régions des centres des Impôts.

Ensuite le Ministère du Budget a signé avec le Secrétariat d’Etat une convention fixant les modalités de recouvrement de ces impôts.

Aussi mon ministère poursuivra cette coopération empreinte de confiance avec le Secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation.

4. Renforcement du dialogue Public-Privé

Le  ministère du Budget a mis en place dans le cadre du dialogue Public-Privé une Commission Nationale de Conciliation Fiscale composé des représentant du secteur privé et de l’administration pour régler à l’amiable tous les litiges relatives aux recettes publiques (Impôts – Douanes – Domaines).

Par ailleurs le ministère du Budget va engager un processus de redynamisation du haut conseil national dialogue Public-Privé en procédant à son opérationnalisation.

Enfin la convention du ministère du budget fortifiera la collaboration et le partenariat conclu avec la chambre du commerce de Djibouti.

5. L’obligation de rendre compte pour les responsables.

De par la mission qui incombe au Ministère, les responsables du département doivent être conscients qu’ils auront à rendre compte de leur gestion et de leurs actes car ce sera le critère de l’exigence.

Pour cela, vous aurez, sous l’autorité du Secrétaire Général, à vous fixer dès à présent des objectifs de résultats et des indicateurs de performancedontvous devez régulièrement présenter leur état d’avancement  par le biais de rapports d’activités trimestriels.

La culture du résultat et l’évaluation constante de nos actions doivent devenir des réflexes et un exercice permanent.

Pour cela, un système de notation sérieux sera mis en place afin de gratifier les cadres performants et encourager l’esprit de l’initiative et le mérite professionnel à tous les niveaux depuis les conseillers jusqu’aux cadres et agents.

6.La promotion d’une meilleure communication et circulation de

l’information

La première des priorités consistera à établir une meilleure circulation de l’information au sein du Ministère dans le souci de la cohérence, d’un meilleur partage dans le choix des décisions à prendre. L’objectif recherché est de renforcer l’esprit et le travail d’équipe au niveau des cadres du Ministère.

La seconde action vise à informer, faire connaitre au public dans sa diversité (usagers, secteur privé, universitaires, société civile, organismes extérieurs,…) le sens des décisions prises, des réformes engagées et dans quel cadre elles s’inscrivent.

L’accessibilité au public doit être vos priorités car, de parvos missions de service public, il nous incombe d’être à la disposition des contribuables et des usagers.

La publication des données et indicateurs, l’informatisation intégrale et la numérisation de notre administration, les publications périodiques et un site web interactif seront les instruments privilégiés pour l’application de cette politique.

            Convaincu que ces principes directeurs constitueront le fer de lance de nos actions, j’attache une importance absolue au respect rigoureux de ces directives.

                                                                 ABDOULKARIM ADEN CHER